PŘIHLÁŠENÍ / REGISTRACE

PRÉCIPICES - L´entéléchie du malheur


Obal


1. EN EXERGUE

Instrumental



2. L´ÉCUME DU MÉPRIS

Brûle!

La cité brûle.
La cité s’enflamme
Et dans ses braises s’y perdent nos âmes.

Tant d’ignorance,
Tant d’intransigeance,
La paranoïa est le nouveau diktat.

La peur s’infiltre,
Irrationnelle et subtile.
Nos cœurs se ferment
Mais l’ennemi n’est pas celui que l’on croit.

L’ennemi n’est pas à nos portes.
Il se fabrique dans nos consciences,
Il se construit en silence.

Insidieux
Et sournois,
Il fait trembler
L’édifice de nos droits.

Et brique par brique,
Mur après mur,
La peur de l’autre devient nos dérives collectives.

Mais il n’y a pas d’Eux.
Il n’y a pas de Nous.
Il n’y a que l’écume de notre mépris.

Et je me tourne vers toi.
Toi qui crains et qui doute.
N’as-tu pas compris déjà
Que nous faisons fausse route?

Et je me tourne vers vous.
Vous rivés à l’écran.
Ne voyez-vous pas
La faillite de l’espèce
Inscrit en toutes lettres
Là où la compassion est mise en échec?

N’en avez-vous pas assez
Ou préférez-vous encore
Les regarder se noyer?

Des privilèges pour les uns.
La misère pour les autres.
La balance des forces
Pour justifier l’atroce.

Du pain pour les opulents.
La poussière pour le restant.
Mais ne savez-vous pas
Que la beauté nous sauvera?

Et je me tourne vers toi
Qui ne fais que nourrir sa rage.
Et je me tourne vers vous
Qui alimentez l’orage.
Expliquez-moi,
Comment pouvez-vous mettre des enfants dans des cages?

Personne n’est illégal.

Ouvrons,
Ouvrons les frontières
De nos cœurs,
De nos cœurs sectaires.

Ouvrons,
Ouvrons les frontières.
Personne n’a de droit acquis sur la Terre.

Ouvrons,
Ouvrons les frontières.
À bas,
À bas les barrières!

Ouvrons les frontières,
Ce sont nos sœurs et nos frères.



3. IDÉES ÉPARSES

Je marche
À l’ombre,
Je marche à l’ombre des réverbères.
Je marche la nuit en solitaire.

J’avance
Encore,
J’avance encore sous ce voile stellaire
Et j’en fais encore mon enfer.

Les yeux glacés sur le ciel de minuit,
L’expression figée dans la grisaille de l’ennui,
La mélancolie s’empare de mes rêveries.

Le dégoût,
Le dégoût et l’horreur
S’emparent de mes humeurs.
Ils m’imprègnent de leurs tristes couleurs.

Et tous mes rêves,
Tous mes rêves sombrent dans l’oubli,
Tandis que je m’enfonce au plus profond de la nuit.

Mais d’où me vient donc cette tristesse infinie?
Et pourquoi donc,
Pourquoi donc autant de dépit?

À qui dois-je m’en remettre pour me garder sain d’esprit?
Quel dieu dois-je vénérer pour
Trouver la félicité?

Quelle route dois-je emprunter pour ne plus m’égarer?
Existe-t-il quelqu’un
Pour nous dire où aller?

L’écho de la ville résonne en mon âme.
Il corrompt les plus infimes parties de mon essence.
Infecte les plus sombres recoins de ma substance.

Et je me demande,
Je me demande si le bonheur est ainsi fait
Ou si vraiment je ne fais que courir à ma perte.

Est-ce que vraiment je cours à ma perte?
Est-ce que vraiment le bonheur est ainsi fait?

Il y a un ciel à l’intérieur
Que je n’arrive plus à faire briller.

Il y a un monde à l’extérieur
Qui m’est totalement étranger.

Il y a des idées qui s’envolent
Que je n’arrive plus à rattraper.

Il y a des souvenirs qui s’accrochent
Mais que je n’arrive plus à nommer.
Et il y a la mort à l’intérieur
Qui m’est difficile d’ignorer.

Et il y a ce monde qui se meurt
Mais personne ne semble être concerné.

Il y a ces réminiscences du passé
Auxquelles j’essaie de ne plus m’accrocher.

Mais il reste ces pensées qui m’attristent
Et qui me laissent la mort dans l’âme.

Il y a mon cœur en émoi
Qui cherche l’espoir constamment.

Et il y a cette voix
Qui hurle incessamment.

Et il y a ce ciel
Où personne ne nous attend.

Et puis il y a moi
Qui n’attend plus quoi que ce soit.



4. MAL DE VILLE

La ville est totale.
Son emprise fatale.
Son empire est sans horizon.

Royaume d’illusions,
J’en perds la raison,
Mes plus profondes convictions.

Son air est vicié.
Ses rues encombrées.
Je suffoque parmi la foule, épuisé.

En mal d’existence,
En manque d'idéal,
La démesure s'empare de notre essence.

L'hubris à outrance.
Plus rien n’a de sens.
Nous sommes l'animal cruel et sans âme.

Car ici s'inscrit,
Sur ce sol meurtri,
L'implacable tragédie d'où s'exposent les ruines de nos vies.

La ville me prend.
La ville me tient.
Peut-on trouver le bonheur à toujours marcher les mêmes chemins?

La ville nous ment.
La ville nous retient.
N’existe-t-il pas d’autres routes que celles qui ne nous mènent à rien?

Et au travers des hordes,
Au travers des spectres,
Les joies qui sont les vôtres
M’apparaissent contrefaites.

Et si la ville carbure
Aux malheurs quotidiens
Et aux rêves brisés
Alors à quoi bon?

À quoi bon nourrir l'espoir
Si plus personne n'arrive à y croire?

À quoi bon avancer
Si c’est pour constamment reculer?

Et à quoi bon s'enivrer
Si nous n'arrivons même plus à rêver?

Et alors à quoi bon continuer
D'exister s'il nous faut vivre enfermés?

Et alors pourquoi s'entêter
Si nous avons déjà abdiqué?

Et pourquoi accepter
De vivre à ce point aliéné?

Dépossédé.
Assimilé.
Assiégé.
Dénaturé.

Combler le vide,
Combler le vide,
La médiocrité ne peut être l’assise d’une vie examinée.

Nos vies sont vides,
Nos vies sont vides,
Comment remplir le trou béant qui se creuse dans nos poitrines?

L’appât du gain,
L’appât du gain,
Nos mains sont pleines, mais de nos cœurs il ne reste rien.

L’ère du vide,
L’ère du vide,
Le culte du rien nous porte doucement jusqu’à demain,

J’espère qu’un jour
Quelqu’un, quelque part,
Arrive enfin à y croire.
Mais pas moi,
Pas pour l’instant,
Pas maintenant,
Je noie ma peine au désespoir.

Je noie ma peine.
Je n'arrive plus à y croire.
Je noie ma peine au désespoir.

La ville me prend.
La ville me tient.
La ville nous ment.
La ville nous retient.

La ville me tue.
La ville me brise.
La ville m’explose.
La ville m’overdose.

Mal de ville.
Mal de vivre.
Le mal s'infiltre.
Le mal m'habite.

Mal de ville.
Mal de vivre.
Mon être s’enlise.
Mon être s’éclipse.



5. RIEN À COMPRENDRE

Depuis la rue
J’entends la rumeur de la ville;
La confusion me fait frémir.

Je tends la main.
J’éteins l’alarme
Et tourne le dos à l’aube qui s’envenime.

La cité gratte à ma porte,
Mais je préfère la tenir fermée.

Je barre le verrou et je jette la clé.
Aujourd’hui, je laisse la journée s’épuiser.

Aujourd’hui, je laisse le monde s’enflammer.
Je regarde nos vies partir en fumée.

Je laisse les secondes s’égrainer.
J’essaie en vain de contenir mon anxiété.

Et tandis que dans la rue
Les pantins s’animent.

Ils vont et ils viennent,
Anonymes,
Impossibles.

Leurs regards vides,
Absents,
Déments.

Plus rien n’a de sens.
Plus personne ne cherche à comprendre.

Mais que sommes-nous donc devenus?
Pourquoi tout est toujours aussi abstrus?
Et bien que je cherche encore ce qu’il y a à comprendre,
Tout m'amène sur des chemins qui ne me mènent nulle part.

Des chemins qui ne me mènent nulle part.

Y a-t’il encore quelque chose à comprendre?
Comment croire qu’un jour tout ceci nous mènera quelque part ?
Serons-nous un jour capable d’affronter le reflet du miroir?
Pourrons-nous un jour retourner à l’aube gonflés d’espoir?



6. L´ENTÉLÉCHIE DU MALHEUR

Noire lumière
,
Blanche noirceur
,
Je m’en souviens comme si c’était hier.

Triste candeur,
Profonde douleur,
Un soir d’hiver l’espoir a fui mon cœur.

Sombre lueur,
Vil bonheur,
Parfois la vie me vide de l’intérieur.

Parfaite misère,
Infâme malheur,
Et chantent en chœur tous ceux qui désespèrent.

Et chantent en chœur
Toute notre peine,
Toute l’horreur.

À l’unisson
Hurlons en chœur
L’entéléchie du malheur.

Car dites-moi ce que nous sommes
Sinon que les architectes de la farce?

Et dites-moi qu’est-ce qu’un Homme
Sinon que l’archétype du désastre?

Car si nous ne sommes que les artisans de la souffrance
Et que nos âmes éprouvées par le mal
Pâtissent dans leurs mouvements.
Et que nos larmes ne veulent rien dire
Devant la force qui nous meut vers l’avant,
Dites-moi encore où croyez-vous voir de l’espoir.
Dites-moi encore si vous croyez voir autre chose que le chagrin et la mort,
Car tout ce que j’y vois n’est plus que la fabrique de nos cauchemars.

Alors dites-moi
Où croyez-vous encore
Voir de l’espoir.
Et dites-moi encore,
Comment faites-vous pour y croire?
Pour y croire…

Ainsi prend forme l’entéléchie du malheur,
La tyrannie qui corrode nos cœurs.

Nous sommes l’entéléchie du malheur,
La force latente, la fin immanente.

Et prend forme l’entéléchie du malheur,
De la puissance à l’horreur.


Nous sommes l’entéléchie du malheur,
La perfection dans la douleur.



7. RÊVES INCOLORES

L’aurore perce la nuit
De sa plus pâle lueur.
Ses funestes rayons
Prennent la teinte de mon ennui.

Le ciel immense
M’invite aux plus belles rêveries.
Mais noyé sous la pluie
Je me résigne encore, interdit.

Et si les jours sont sans couleurs
Alors je marcherai le cœur ombragé.
Je marcherai le cœur ailleurs.
Le cœur dans les mains,
Fixé au loin.

Tandis que je m’abime dans mes pensées.
Les heures s’échappent.
Le temps se dilate.

Vivre est-il à ce point futile?
Est-ce que vraiment tout est à ce point inutile?

Et si l’espoir est sans couleur,
Que nos jours sont empreints d’amertume,
Nous marcherons le cœur en pleurs.
Plus rien dans les mains,
Nos vies vécues en vain.

Et ici-bas,
Sur la terre des rêves brisés.
Là où un jour,
Fleurissait notre enfance.
Il n’y a plus
Que tristesse et ennui.
Sur nos âmes vieillies,
Il n’y a plus
Que détresse et ennui.

Sommes-nous devenus

L’image que nous avions 
juré de ne jamais refléter?
Sommes-nous devenus
Ceux que nous avions depuis toujours détestés?

Et si désormais nos rêves sont incolores
,
Que nous n’attendons plus que la mort.
Qu’à chaque détour c’est un peu toujours la même histoire.
Je garderai enfoui profond dans ma mémoire
Les souvenirs de notre jeunesse oubliée,
De nos promesses jurées au creux de l’été.
À savoir que nous sommes tous ici des étrangers
Et qu’il faut toujours continuer de s’émerveiller.



8. LA TEMPÊTE VIENDRA

Le jour s’ouvre
Sur le gouffre amer de mes inquiétudes.
Et dehors dans le tumulte et l’urgence,
Les gens rient,
Les gens dansent.

Les sirènes retentissent dans l’écho.
Les sueurs froides me glacent le sang et les os.
Je me répète que tout est parfait,
Mais je sais que demain sera fait de regrets.

Et qu’en est-il de vos fausses promesses?
N’aviez-vous pas un devoir envers la jeunesse?
Comment avez-vous pu nous céder un tel fardeau?
L’échec est complet,
La traîtrise parfaite.

Et je ne sais que trop bien
Que désormais nos jours sont comptés.
Que de toute façon les dés ont déjà été joués.
Nous avons été sacrifiés.

« Sois belle et tais-toi.
Sois jeune et nettoie ».

Votre arrogance,
Votre impudence n’aura rien changé.

J’accuse et je pointe le doigt
À tous ceux qui nous ont volé nos rêves.
J’accuse et j’élève ma voix
Devant tous ceux qui nous ont volé notre innocence.

Comment avez-vous pu?
Pourquoi encore faire la sourde oreille?
Comment pensez-vous vous en sauver?
Ne comprenez-vous pas
Que personne ne sera épargné?

J’accuse
Et devant vous
Je me tiens droite.

Et j’accuse.
J’élève la voix
Ne m’entendez-vous pas?

Ne voyez-vous pas
L’orage qui guette au loin?
Mais vous ne craignez rien
Car demain vous ne serez plus là.



N’entendez-vous pas
Le tonnerre gronde, lointain?
Ne savez-vous pas
Que demain la tempête viendra?

N’ignorez-vous pas
Que demain
C’est le vent mauvais
Qui nous portera?

La tempête viendra.



9. L´INEXTRICABLE VACUITÉ DE L´ÊTRE

Sépulcrale demeure.
Richissime splendeur.
Vaste univers.
Moribonde lumière.

Une pensée dans l’éther.
Un poignard dans la chair.
La vie dans la vie
Accouche de l’étrange dans les ténèbres de minuit.

Ô nuit sans bruit,
Ô triste ciel gris,
Ici-bas le vent souffle si froid
Qu’il nous glace le sang.

Ô Froids Soleils,
Ô mortes planètes,
Votre lumière ne peut faire autrement
Que me rappeler notre sinistre trépas.

Ô envies d’infinis,
Ô impétueuses passions,
Qu’en est-il de l'être-vers-la-mort
Lorsque confronté à sa déréliction?

Ô immonde monde,
Ô impérieux vertige,
Ce peut-il que le fardeau qui pèse sur nos épaules
Ne soit rien de plus que le lot de notre condition?

Que le fardeau de notre condition…

De l’émerveillement à l’angoisse.
De la naissance à mort-vivant.

Personne pour entendre nos gémissements.
Personne pour atténuer notre tourment.

Perdus aux confins de nulle part.
Aucune certitude outre que la mort.

Scruter l’horizon ou sonder la raison,
Plus rien ne semble en mesure de répondre à nos questions.

Labyrinthe mythique
D’où personne ne sortira jamais vivant.
Captif de l’orbite
Où chacun devient l’esclave du temps.

Le souffle coupé,
La gorge serrée,
Se trouve-t-il quelque chose pour nous libérer
De l’angoisse et de la nausée?

Vivre l’insoutenable,
Rester l’injustifiable,
Aspirés par le vortex de nos consciences,
Confrontés au grand néant blanc de l'existence.

Et le temps qui passe,
Le temps qui fuit,
Emportant absolument tout dans sa course
Avec lui.

Et mon corps qui flanche
Devant cette interminable quête de sens.
Comment faire pour s’extirper de l’inextricable vacuité de l’être?

Comment s’extirper de l’inextricable vacuité de l’être?



10. MORNE CRÉPUSCULE

Les rideaux se ferment
Sur une autre journée qui s'achève.

Déserteur à l'âme vaine,
Je serpente la ville et marche mes rengaines.

Mortifié par l’ennui,
Le spleen m’envahit.
J’erre sans raison.
Mon être se corrompt.

Des milliers de visages tristes,
Des centaines de vies apathiques.

Cette ville me tue et pourtant
J’en parcours encore chacune de ses rues,
Chacune de ses avenues.

Sous les lumières des néons.
Dans les cafés et les salons.
Je reste las
À contempler la déraison.

Et vraiment
C’est ici
Que la folie
A trouvé́ sa raison.

Mon cœur en vigile
Se fracasse dans l’attente.
J’ai la tête qui éclate en silence.
L’estomac qui se noue dans la tourmente.

Et vraiment,
Ces jours-ci,
Plus rien n’arrive à me surprendre.
Plus rien n’arrive à me surprendre.

Et sous ce morne crépuscule
Je m’abandonne à la Lune.
La cité devient ma sépulture.
Mon cimetière rempli d'amertume.

Et sur ce paysage
Qui me laisse en sanglot et en pleurs
S’y inscrit mon épitaphe de malheur.
S’y inscrivent toute ma peine et ma douleur.

Et sous ce morne crépuscule,
Lorsque le jour se dissipe sur l’azur,
La cité devient ma solitude.
Un asile qui n’a plus rien de pur.

Et tandis que les heures passagères
S’effritent et retombent en poussière.
Mon corps en jachère
N’aspire qu’à retourner à la terre.

Et tandis que le tumulte des jours
S’imbrique dans ma tête,
Il laisse sa marque sur mon âme enflammée.
Il laisse son stigmate sur mon corps décharné.

Et les maux qui s’empilent dans ma tête.
Les mots qui m’affligent sans cesse.
Et la route m’apparait introuvable
Quand la ville m’apparait être un dédale.

Et lorsqu’enfin
La nuit redevient
Et que l’étoile descend sur l’horizon
Qui s’éteint.

Nous ne savons que trop bien
Que c’est ici où nous avons tous échoué.
Que c’est ici ou plus personne
N’a le droit de rêver.

Et lorsqu’enfin
La nuit redevient
Et que l’étoile descend sur la ville
Qui s’éteint.

Je ne sais que trop bien
Que c’est ici qu’est la fin.
Que c’est ici ou jamais plus
Je n’aurai le droit de rêver.

À chaque heure,
Chaque minute,
Cette ville,
Elle me tue.

Alors pourquoi je m’entête et j’endure?
Pourquoi j’en parcours encore et toujours
Chacune de ses rues et avenues?



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